C’est alors que commence mon monologue intérieur : "Quel angle est le plus abordable pour célébrer cette journée ?
- Proposer un tour d‘horizon des militantes ? Non !
- Présenter les combats des femmes dans le monde ? Non !
- Faire un listing de celles qui œuvrent pour la cause féminine ? Non, non et non !".

D’un coup, la petite ampoule s’allume au dessus de ma tête et l’idée de proposer à une femme africaine célèbre d’analyser l’évolution des femmes contemporaines me vient. En y réfléchissant bien, il y a peu d’icônes dont le parcours peut servir d’exemple. Je fais le tour d’horizon de celles qui pourraient correspondre et vlan, j’en viens à me dire qu’Eugénie Diecky est ZE Femme de la situation !

Un coup de fil à Barbara, the chief of the OUED ACTION (si vous n’avez pas compris mon accent afro : REDACTION) pour vérifier si ça lui convient et c’est parti !

Comme d’hab’ avant chaque entrevue, il est vital de connaître la personne à interviewer. Je connais un peu Eugénie pour l’avoir rencontré dans le cadre de mes activités de consultante. Je fouille son parcours et je sais qu’elle a du charisme, de la prestance, chaque matin l’Afrique des 4 coins de la planète s’éveille au doux chant de sa voix médium.

Elle est douce mais sait être ferme. Elle aborde tous types de sujets : excision, relations familiales, traditions et modernités, féminités, immigration… je l’écoute de temps à autres et  pardessus tout, j’apprécie son ton tantôt léger, tantôt sérieux et son respect des auditeurs. Toutefois, je ne perds pas de vue que nombreux sont ceux qui n’osent l’aborder tant elle est sérieuse et retenue…

Nous avons rendez-vous au café le SANZ SANS. Je connais ce lieu où j’ai déjà passé quelques soirées. Je me dis qu’ils auraient pu appeler le lieu "SANG SANG". Bé oui, la déco est toute rouge, rouge comme le sang ! J’adore le style baroque, néo-gothique, ses fauteuils zébrés, ses lustres originaux  et son ambiance boudoir géant, troublant, froufroutant, rougeoyant.

Eugénie arrive, souriante comme à l’accoutumée. Je me dis "la classe, c’est une  sacrée DAME !". Barbara vient à sa rencontre et la salue. Toute l’équipe est  émoustillée à l’idée de réaliser cette entrevue. Cédric (le cadreur) a la pêche, j’aime l’énergie qu’il dégage ! Eugénie et moi nous embrassons puis  nous laisse le temps de finir l’installation des caméras et éclairages. Trônant sur un magnifique fauteuil rouge, elle attend patiemment que la maquilleuse l’illumine par petites touches.Je porte un boubou brodé violet tout droit venu de Dakar et décide de porter le foulard façon "moussor"(noué savamment en hauteur) comme on dit au Sénégal.

Plateau 1, scène 1 : le clap est donné et c’est partie pour un échange dans lequel les rôles sont inversés : j’interviewe celle qui a l’habitude de délier les langues. Au fil du temps, Eugénie tisse la toile de son parcours et je découvre la fougue de celle qui a gravit les échelons à la force de ses poignets.

Entre les clips, les questions fusent :

- Comment sa condition de femme a-t-elle joué dans son évolution professionnelle ?
- Quels sont les combats que les femmes africaines doivent encore livrer ?
- Et les hommes dans tout cela ? etc.

Eugénie s’exprime, elle transpire l’expérience, devient de plus en plus généreuse et je ressens son envie de développer. Elle a tellement d’anecdotes… mais le temps de l’interview et si ténu qu’il est malvenu d’aborder certains axes. Par ailleurs, c’est la première fois que je travaille avec l’équipe telle qu’elle est composée, je dois donc maîtriser le temps.  Entre parcours personnel et analyse de la condition des femmes, nous conversons sans tabou et certains sourires ne trompent pas.Eugénie semble apprécier cet espace de liberté qui lui est offert. 

Comme à l’accoutumée, je présente l’objet mystère placé dans ma boîte noire. Il s’agit d’un micro. Sans s’en rendre compte, elle le saisit, parle avec comme s’il était branché.  Je me rends compte que pour faire ce geste si naturellement c’est qu’il compte beaucoup pour elle. Pari tenu, l’objet est bien choisi et je saisis l’occasion pour  le souligner.

Le plateau de fin arrive, je clos l’entrevue et sens Barbara sourire, Cédric le cadreur détendu, la maquilleuse zen et soulagée de voir que tout s'est bien passé… chacun semble avoir trouvé son équilibre. Eugénie et moi nous sourions et elle se rend compte que tout est allé très vite.  Je suis heureuse de lui avoir permis de s’exprimer et trouve son intervention remarquable.

Comme à chaque fois, je pense aux téléspectateurs en espérant qu’ils apprécieront ce morceau de vie qui je le souhaite, leur apportera une vision constructive du monde.Vive les femmes, merci Eugénie !

VU A LA TELE

Eugénie, Eh oui ! Il est rare de voir les animateurs radio à la télévision. Alors c’était l’occasion de faire encore plus amples connaissances avec Eugénie Diecky.

PAS VU A LA TELE

Ma mère ! Je veux dire qu’un message subliminal était caché dans  l’émission... Quoi qu’il arrive, quoi que l’on fasse, où que nous soyons, nous n’avons qu’une mère et la femme de ma vie c’est elle.
Alors, pour lui rendre hommage, j’ai choisi de porter la tenue qu’elle m’a ramenée de Dakar quelques jours auparavant. Seules elle et moi étions au courant et j’ai attendu le jour de la diffusion pour lui faire cette dédicace cachée.

LIENS ET CONTACT

Pour en savoir plus sur Eugénie Diecky : http://www.africa1.com/matins_eugenie.php

Le restaurant le SANZ SANS : http://www.sanzsans.com/
49, rue du Fbg St Antoine
75011 Paris
Tel : 01 44 75 78 78