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Extraits :

Dossier Femmes noires dans les médias (V): Medina Rachel Koné

Passion, ambition et relations... C'est une boule d'énergie que nous avons rencontrée!


©www.jeancharlesnalin.com

Votre parcours


Je suis d’origine Sénégalaise, peul et bambara, je suis née en France à Saint Denis. Ma mère était fan de musique et j’ai grandi en écoutant Fela, James Brown, Youssou N’Dour, Barry White, Sheila, Otis Redding et Dorothée… Depuis toute petite déjà, je prenais la parole à tout va ! Comique, espiègle, persévérante, curieuse... il semblerait que je n'ai pas trop changé !

Je suis la première rappeuse disque de platine en duo avec Ménélik sur le single "BYE BYE". En quelques chiffres, c'est  + de 500 000 copies en quelques mois, + de 12 semaines dans le top 10 des meilleures ventes de singles… c'est aussi la première fois qu'on entendait une rappeuse sur des médias nationaux et de tout style. J’ai fait des featurings avec Hamed Daye, Diaz, Madah, Ni putes ni soumises, MJ, Al Paecha…

Peu de radios permettaient à de jeunes talents d’exprimer leur rage de dire, tous les jours Kalengé, Puissant, Shock R et moi donnions la parole à : Alliance Ethnik, Reciprok, Tonton David, China, NTM, K Reen, Stomy Bugsy,et plein d'anonymes de cette époque. J’étais la seule fille de la bande ! C’était sur FREQUENCE PARIS PLURIEL (radio locale parisienne).

Ensuite j’ai travaillé pour "C pour de Vrai" présentée par Christine Bravo sur France2. J'ai également fait des Voix off et des micros trottoir à EUROPE 2, j'ai assisté Rémy Caccia (auteur de Caméra café) pour l’émission la « Paillote ». Quand l’émission s’est achevée j’ai eu le plaisir d’assister Jean-Yves Lafesse. J’ai été ensuite assistante, chroniqueuse, puis animatrice à RTL 2. Je co-animais le "Réveil des Bronzés" le 6 - 9, avec Fred durant tout l’été.

A force de rencontres et d'expériences enrichissantes, j'ai fait un joli tour d’horizon du milieu du disque et des médias et je suis prête pour de nouvelles aventures !

Aujourd’hui, je gère "Made in Medina", ma société de communication. J’ai travaillé par ailleurs sur les albums de Passi, Bisso'na'Bisso, compilation Ensemble contre le Sida initiée par Line Renaud, Isabelle Boulay, Billy Crawford (V2 production) et pour "Double H production", le label monté par DJ Cut Killer, DJ Abdel et East...le label produisait Fabe,113,hip hop soul party… Chez 3A télésud, j’ai été consultante et communication et stratégie.

Sinon, j’ai une Equivalence LICENCE EN COMMUNICATION de l’Institut et Ressources des Musiques Actuelles obtenus en 1998.

Vos différentes casquettes

Actuellement, je suis animatrice télévision et il m’arrive de faire des voix off (jingles, spots publicitaires…), on me propose régulièrement de présenter des soirées. C’est assez amusant et il y a très peu de femmes africaines dans ce secteur d’activité.
J’écris aussi des sketchs et programmes pour les proposer à la radio. Depuis septembre, j’édite le mensuel de bons plans "Gratuit MOZAIK" . Toute l’équipe y présente les bons plans afro.


Vos obstacles dans le métier

Moi. J’estime qu’il faut avoir confiance en soi et se relever les manches, prendre beaucoup de recul, améliorer ce qu’il y a améliorer, s’affirmer quand c’est nécessaire et chercher l’épanouissement.

Quels conseils à donner pour les générations de femmes s’intéressant à une carrière dans les médias ?

Dans l’absolu, je donne souvent les mêmes conseils quelle que soit la catégorie socio-professionnelle : formez vous ; allez au fond de vos aspirations ; évitez les clichés sur les femmes (aguicheuse, sans cervelle, sans personnalité, ingérable lorsqu’elles sont plusieurs…).

Vous sentez vous femme d’Afrique ou femme du monde ?


Je me sens afro-européenne. Je porte le nom Koné et en Afrique de l’ouest, le nom de famille féminin fait partie de son identité à vie (malgré le mariage). (rire) Ma couleur de peau ne me quittera jamais alors dire femme du monde ne me colle pas à la peau...
Toutefois, par mes parents, j’ai appris beaucoup de la culture Sénégalaise, et mon quotidien fait de moi une citoyenne européenne.
J’ai trouvé la réponse à mes questions identitaires en assimilant le meilleur de tout ce que j’ai toujours vécu.

Appartenez-vous à des associations et lesquelles ?

Je soutiens plusieurs associations telles que le COREDIA (Comité de Rénovation du village de Diawara), SIRA DOUNDOU (association villageoise sénégalaise), BANLIEUE DU MONDE…

Comment conciliez-vous votre carrière et votre vie de famille ?

Je garde ma vie affective privée. Vous savez, dès que l’on devient publique tout change.
J’ai œuvré durant 14 ans dans les métiers de la musique et la radio sans encombre et mon entourage a toujours suivi la cadence. C’est tout !
Depuis l’arrivée du téléphone mobile, la vie des gens actifs est devenue plus intense. Bizarrement, plus j’ai de boulot, mieux je pense gérer mon cocon privé.
Je suis plus exigeante dans mes relations pro et personnelles. Puisqu’on ne vit qu’une fois autant vivre bien non ?

Êtes-vous en contact avec d’autres femmes noires dans les médias. Si oui, c’est un réseau formel ou informel ?

En fait, je connais pas mal de femmes de médias… elles ont toutes leur spécificité et ce qui m’intéresse le plus est d’avoir des relations saines et constructives. C’est d’ailleurs ce qui fait que je connais des femmes et des hommes de médias de toutes races et les apprécie plus pour leur qualités humaines que professionnelles. De Nidhya Palliakkara (d’origine Indienne chez Canal+ et la chaîne météo) à Eugénie Diecky (d’origine gabonaise chez Africa n°1), en passant par Sébastien Cauet (TF1 et Fun radio)… nos routes se croisent nous échangeons avec le sourire et la bonne humeur.

Quels sont vos projets ?

Pour cette année, j’aimerais produire des programmes de télévision et faire de la radio car j’ai vraiment aimé le contact avec les auditeurs.

Décrivez votre émission

Africa est une émission passionnante. En 26 minutes, je propose aux téléspectateurs de suivre l’interview d’une personnalité ou d’un artiste ponctuée de clips.
Les invités sont souvent surpris de voir que l’on peut se lâcher et que je n’ai pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de les recevoir.
Sublimer, révéler, développer l’identité d’une personnalité en si peu de temps est un challenge passionnant.
Entre ceux qui veulent du coupé décalé, du n’dombolo ou du m’balax, ceux qui veulent de la musique traditionnelle et ceux qui veulent rire… je pense qu’il y en a pour tous les goûts.
TRACE TV a créé le programme il y a plus d’un an et les téléspectateurs sont au rendez-vous.
Je tiens à les remercier pour leur soutien et les mails envoyés à africa@trace.tv .
Vivement vendredi prochain à 21h

Ingrid Alice NGOUNOU