"Phénomène" parce que depuis la déferlante "coupé décalé",  la musique congolaise bat en retraite. Les radios, les boîtes de nuits, les salons de coiffures...afro ne jurent que par les refrains dans lesquels les chanteurs scandent "coupé décalé", "bobaraba", "fouka fouka" , "pointinini" et j'en passe.

Oups, j'oublie de préciser qu'on distingue ce que l'on appelle la world musique caractérisée par son approche traditionnelle ou minimaliste, de la musique de club africaine conçue pour faire bouger les popotins en mêlant généralement rythmique traditionnelle rapide et instruments éléctroniques.

Youssou N'Dour, Fela, Koffi Olomidé, Salif Keita, Myriam Makeba, Ismael Lô, Ali Farka Touré, Meiway, Papa Wemba, Richard Bona, Manu Dibango...ont ouvert le bal il y a plus de 20 ans en devenant les ambassadeurs de leurs terroirs. Depuis, rares sont ceux qui peuvent prétendre être des stars africaines reconnues au niveau international.

 A l'heure actuelle, les  concerts  africains font rarement le plein, les téléchargements gratuits font trembler l'industrie du disque, le centre névralgique de la musique de club africain a déménagé  de Kinshasa et Brazzaville pour s'installer à Abidjan et les djs font place aux orchestres. Alors en devenant le nouveau sex symbol et hitmater africain, je peux raisonnablement dire que Fally Ipupa a réalisé un exploit commercial  en sortant son album "droit chemin" en 2007.

Tout d'abord, il  a quitté l'ombre de son "père " artistique Koffi Olomidé en décidant de s'épanouir en solo. Ensuite, il réconcilie les jeunes africains avec la musique congolaise en dépoussiérant le style vestimentaire de ses ainés considérés comme kitchissime.

Chicissime, Fally devient un  "métro sexuel"  : look à la Craig David ou Common, costards et néo soul, regard mélancolique, teint soigné et attitude réservée...tout le contraire des attitudes agressives et excentriques des jeunes prétendants au succès.

De plus, son équipe (Doum's, David Monsoh...) a bouleversé les stratégies marketing africaines en inondant les murs rues d'affiches et tracts au graphisme différents pour annoncer la sortie de l'album. A force de se demander "mais qui c'est ce Fally ? ", des hordes de demoiselles se sont penchées sur son blog et les aventures de ce jeune artiste qui a osé quitter le pape de la musique congolaise.

J'ajouterai qu'au delà, des aspect esthétiques, l'album est une vraie réussite. Loin de se lancer dans le tout numérique, la team de Fally fit appel aux services du compositeurs comme Maika Munan réputé pour sa capacité à sublimer les diverses mélodies congolaise.

J'oubliais un point intéressant : Koffi, Werra, Modogo, Awilo, Papa Wemba...sont des chanteurs à voix. Alors, comment Fally pouvait-il concurrencer pareils artistes avec sa voix ténue? Eh bien, il en a joué ! Après un sondage auprès de mes copines qui bossent dans les salons de coiffure, les demoiselles m'ont déclaré adorer le léger voile et les lyrics du crooner aux yeux mélancoliques (dixit les miss).

Waouh! Il n'en fallut pas plus pour que je m'imagine interroger... euh, je voulais dire interviewer l'un des rare artiste africain certifié disque d'or, lauréat afrique des Césaires de la musique, nominé aux International Reggae et World Music awards dans la catégorie Best soukous entertainer de 2007 à 2008.

En fait, malgré cela, aucune actu ne justifait pareil accueil jusqu'à ce que David Monsoh m'appelle : " Médina, ça va? ...je propose que les téléspectateurs de ton émission aient la primeur des premières notes de musique du futur album Arsenal de belles mélodies de Fally ...". Après vérification que tout est ok pour la rédac', nous prenons rendez-vous au Bois de Vincennes au niveau de la Porte Dorée.

Le jour J, le soleil à l'air d'être occupé. Pfff, sacré lui, il me fait des infidélités avec la "barbe à papa" céleste. David et Doums ont un sourire radieux. Fally, lunette de soleil, sourire réservé avance avec nonchalance et salut la "TRACE TV TEAM". Barbara repère une fontaine qui fera office de joli arrière plan.Ses mains glissent sur les vêtements de l'invité et moi pour installer les micros. Nous échangeons quelques mots. Il semble tendu et m'observe sous sa casquette, il sait que je ne suis pas femme à faire une interview complaisante. Après quelques taquineries, il se détend et je le sens plus prompt à dépasser les réponses académiques.

Inspiration, expiration, concentration : émission "tant, numéro "tant", première. CLAP !

MY QUESTIONS :

A quoi doit-il son évolution fulgurante?

Comment compose-t-il ses oeuvres ? Que cache-t-il derrière son regard mélancolique ?

Question qui fâche concernant Koffi Olomidé...Ah ah....je ne l'ai pas lâché sur ce point. Tout y est passé : contrat, sentiment, animosité, possibilité
de se réconcilier...

Puis, côté exclus, je dois avouer que les titres de ses chansons m'ont quelques peu interloquées notamment SODOMASO !!!! (Ah bon?!)

Entre les rires et les aveux, Fally ne s'est pas laissé démonter...hein hein,  il est réservé mais de la fermeté dîtes donc.

VU A LA TELE

La guitare de Fally ne rentrait pas dans ma boîte mystère, mais il nous a offert une belle prestation chantée en mêlant classiques et exclus !

PAS VU A LA TELE

Nos fous rires parce qu'il a trouvé que j'avais du toupet avec mes questions poussées et les bye bye chaleureux à David Monsoh, Doums et Fally

Donald, un jeune homme qui m'a contacté pour m'interviewer pour sa nouvelle webradio et à qui j'ai proposé d'assister au tournage pour plus de transparence, connivence, confiance, ambiance quoi!!!


photo Donald, Fally Ipupa, Médina

STYLISME

Coiffure Atelier Kéo 71 bis, rue Championnnet (metro ligne 14)

Look Astou N'Diaye

LIEU

Quelques part sur la planète, quelque part à Porte Dorée, quelque part sur les bords d'une fontaine, quelque part devant votre poste de télé ;)))))