11h, aéroport Charles de Gaulles, je me glisse au comptoir d’American Airlines, je prends le 1er billet pour Washington.  Youpi, c’est parti pour l’aventure. Je n’ai qu’un bagage à main et un ordi. Après m’être enregistrée, je passe côté embarquement… j’erre dans  les couloirs de l’aéroport ; attrape des magazines pour mon périple, tombe sur l’autobiographie " Obama by himself" et me rends dans la zone où se trouve mon oiseau de métal.

Tiens, je croise le chanteur Marc Antoine. Il est seul, a son ordi posé sur ses genoux. Je romps son vagabondage musicale pour faire un brin de causette avec lui. Je lui demande s’il part à Washington mais il m’annonce  qu’il retourne à Québec pour récupérer d’une tournée promo harassante mais tellement passionnante. Je lui raconte que je pars "à l’arrache" : il rit de mon coup de folie.

Ding dong, on fait la dernière annonce pour le vol numéro machin chose en direction de Québec, je clos poliment la conversation et on se promet de se croiser quand l’occasion se présentera…

Seule, j’appelle mon petit monde. En guise de bisous de dernières minutes, je leur raconte n’importe quoi du moment que j’entends leur voix. Eh oui, je suis comme ça, je ne m’abandonne pas en réactions dégoulinantes. Je suis comme une gosse qui s’apprête à partir en vacances, je souris en me disant « qu’est ce qui m’attend de l’autre côté de l'Atlantique ? »

Re ding dong ! C’est mon "ding dong", on annonce le départ imminent de mon vol prévu à 14H20. Le portable collé à mon oreille comme une boucle d’oreille, je termine de vider mon réservoir à blah blah.  J’entre parmi les derniers passagers et m’installe sur mon siège numéro 31A côté hublot. Comme d’hab, je suis près d’une aile ! Grrrr c’est dingue ça ! Bon, c’est comme ça. Par contre, je suis ravie d’avoir 2 sièges pour moi toute seule : "Oh yeah !".

Je hais les longs courriers : j’ai la bougeotte et me cache toujours dans l’espace repas des hôtesses pour faire des mouvements de gym et des étirements. Je me dis que les agents de sécu dans le vol ont dû halluciner de me voir déambuler avec mes charentaises. "Pfff, m’en fous moi, du moment que j’m’occupe finalement". Ah au fait, nous n’étions que 2 personnes de couleur dans l’avion : un hindou (plus gris que noir) et moi la Brown Sugar Mama !

Durant le vol, j’observe la danse du soleil autour du hublot et m’extasis à la vue des premiers icebergs. Je me faisais mon trip "ma terre vue du ciel" version Medina et m’imaginais en voix off pour passer le temps. Entre chaque délire intérieur, je me plongeais dans la lecture de la vie d’Hussein O.B… bah oui, on peut l’appeler comme ça aussi non ! A chaque ligne, je comprends pourquoi il plait à tant de personnes et comment il a réussi à séduire en utilisant ses errements identitaires pour en faire une force…

Tiens il est 00h à Paris, tiens voilà la terre, tiens voilà Chicago. Atterrissage, douane, immenses couloirs d’aéroport, zone d’attente, lecture des sms, appel aux miens.

Mon vol est en retard, je décide de me ballader. Un café propose des boissons à base d’hibiscus ! Wow, mais c’est du "Bissap" en fait. C’est ma boisson favorite que je bois non stop avec le gingembre quand il fait chaud. Allez, je tape la causette avec les serveurs et je me prends un grand verre glacé. Hummm… quel bonheur. Allez, retour au guichet, pfff, le vol à 1 heure de retard !

Je branche une hôtesse de l’air et lui demande de me raconter l’évolution du candidat Obama. Elle s’appelle Andréa, était agent de mannequin, me parle de Katoucha et me présente sa vie d’électrice avec une voix douce et des yeux pétillants.
Andréa a voté, son grand père a fait du porte à porte pour que son entourage s’inscrive sur les listes électorales, son neveu a fait la manche pour récolter des fonds et elle a participé à des séminaires entre voisins. Elle ne l’avait jamais fait ça mais l’engouement pour Obama était "irrésistible".

Ce qui l’a frappé : la ténacité d’un candidat pas tout a fait Américain. Je lui raconte mon coup de tête, ses yeux s’illuminent, elle me prend dans ses bras et avoue trouver la démarche " incredible". Après quelques rires et des échanges de coordonnées, elle disparait pour prendre son vol pour Baltimore.

Il est 21H50 et des brouettes en heure locale, le vol qui devait décoller à 19H arrive enfin et je me retrouve entourée d’une bande d’hommes d’affaires alcolos …ils ont parlé, euh hurlé, durant tout le vol et empestait la bière. Un p’tit coup de crème parfumée sur ma main, un foulard sur le nez, les yeux clos et me voilà au pays des rêves quelques minutes. Annonce du chef de cabine "Welcome in Washington DC…", j’ouvre les yeux, regarde la constellation de lumières de la ville et me dis "ahhh enfin".

Direction la sortie, l’aeroport est mort. R.A.S sauf la boutique de souvenirs Obama, mon pote "voyageur de dernière minute" m’accueille, je le remercie de m’avoir dégotté des plans pour barouder en paix et me dit qu’en matière de débrouille : « Yes I can ! »

... A suivre