Obamedina (part.VI) : La cérémonie
Par Medina pour "Made in Medina" le mercredi 28 janvier 2009, 21:44 - Tout sur Medina - Lien permanent

Certains disent qu’il y avait 2 millions de personnes, d’autres 4 millions. Moi, je dis qu’à moi seule je représentais la famille Koné, soit environ 109 personnes majeures (du Sénégal à Paris). A l’africaine quoi ! Aussi, vus de ma fenêtre intérieure les chiffres étaient faux ! Si j’ajoute le nombre de lecteurs de ces lignes, je pense que nous explosons les statistiques…
Je dis à YOU : "On
aurait dû partir plus tôt pour être plus près. On est à mi-chemin du podium
mais là il est trop tard… tentons quand même de nous approcher". Je fais la
danse du serpent pour me glisser de rangé en rangé, lève l’épaule, rentre le
ventre, donne du "sorry mam'" (désolée madame), quelques frotti frotta de
doudoune, de jolies glissades de popotin : nous voilà partis. YOU est le type
babacool qui me dit être déjà content d’être arrivé aussi loin que nous l’avons
fait, mes suppliques et tentatives pour aller plus loin seront veines. J’arrête
ma machine à foncer, fait une observation à 360° et conclue dans ma
tête : "marre des contorsions !". Par un trot saccadé et
désarticulé, je nous trouve une place en hauteur de manière à avoir le meilleur
point de vue.
YOU n’en revient pas, nous avons évolué aussi loin que la traversée de la marée humaine nous le permettait. Yes we did, yes we are ready.
11H48, nous voilà placés comme on pouvait. C'est-à-dire que mon mètre 65 permet à mes yeux de voir le toit du monument d’où Obama va faire son discours, les écrans géants, la foule et le Washington monument…
Soudain, je me sens
comme un gamine prête à faire un caprice. Je ressens le besoin d’appeler mon
double : "Allo, c’est moi… ". Grrrr, je parle à son satané
répondeur ! Tant pis, je grogne un message. Je ne sais pas si mes phrases
sont cohérentes mais au moins je tente maladroitement de l’emmener dans mon
voyage grâce à mon « grigri mobile » et mon forfait international qui
va encore exploser. Si seulement on pouvait se téléporter comme dans Star Trek…
bref !
Durant plusieurs minutes, des annonces présentent les personnalités venues assister à la prestation de serment d’Obama. Entre chaque nom, c’est le silence ou de petites voix qui murmurent. Bush père n’est pas hué, il provoque simplement quelques remarques du type "il a mal vieilli", "oh le cowboy". Rien de dur. Je note que Clinton a encore une sacrée quote, une femme au nez pointu qui lui donne l’air d’une poule caquette avec sa voix nasillarde : "oh, he’s so lovely".
D’un coup c’est l’éclipse ! Le grand cataclysme. La désolation télévisuelle… Bush junior apparait et une vague de "ouh" des "Mothers... " gronde et m’empêche de comprendre les commentaires. Visiblement il a caché le soleil avec sa tête d’homme désemparé. "Oh my god !" Quelle démonstration de dégout ! Il a intérêt à partir loin des States pour oublier la pire journée de sa vie je suppose.
Tout à coup c’est le
silence, je lève la caméra et fait un tour circulaire. Le temps suspend son
vol. Tout le monde a les yeux rivés sur l’écran. Certains visages sont pâles,
les yeux sont grands ouverts. Je ne suis plus Médina, je suis comme mes
voisins, je suis transportée par ce moment mêlant attente et espoir ! Boum
boum boum boum boum boum, j’en oublie même de respirer, je ne me force pas, je
tâche d’oublier cette subite apnée. Une voix annonce "Barack Obama", des cris
de joie retentissent, des femmes laissent couler leur témoignage d’espoir sur
leurs joues, des drapeaux s’élèvent, un homme noir semble cacher son visage
derrière ses mains. Je vois un gosse blanc d’environ 6 ans derrière moi, il est
installé sur les épaules de sa mère et hurle "Obama !". Hhhhhhhhhh,
j’inspire, j’expire, je crie "oh, yeah ! Obama". Je vous l’ai dit, je ne
suis plus Médina la Sénégauloise, je suis témoin d’un moment que j’espère
raconter encore et encore et encore. Mes yeux se brouillent mais je stoppe la
tentative d’hémorragie oculaire. Je fouille à gauche, à droite, je sonde les
yeux de mes voisins. Certains sont stupéfaits, d’autres pleurent, d’autre
regardent concentrés. Pendant que mes lèvres esquissent un sourire qui ne me
quittera plus, je photographie ces instants incroyables.
Pour voir les photos de tous les gens auxquels je fais allusion dans ce post et bien d'autres, allez visiter ma galerie sur le site de la radio Origin.
En cliquant ici : les Obamaniens.
En cliquant ici : la foule le jour J.
En cliquant ici : Quelques photos prises pendant mon séjour.
Profitez-en pour découvrir cette radio et dites-moi ce que vous en pensez ! www.originradio.com.
Commentaires
ouiiii
c jour a montre au monde entier que tous etait possibl..j'etai a miami en floride mai jai senti ce vent chuchotter a mon oreille des promesse d'un avenir meilleur et pour la premiere fois ma bouche a dit :yes we can...........kobama.